
L’univers
Sept civilisations, sept feux, une brume
Ce qu’il faut savoir avant d’entrer — et le monde connu, en repères.
Monts d’Arrée · Florian Lécuyer · CC BY-SA 4.0
Ce qu’il faut savoir
La Morc’hwez
Une brume qui efface ce qu’elle recouvre
Elle vient de l’ouest, lente et froide. Elle prend les noms, puis les souvenirs, puis la pensée. Elle n’a pas de front de bataille : on ne la repousse pas, on la tient, ou on recule.
Les Tour-Tan
Sept feux, et ce qu’il en reste
Un par civilisation, aucun ne ressemble à un autre. Ensemble, ils tenaient la brume en lisière des terres. Un Tour-Tan ne brûle pas et ne luit pas : ce qu’il rayonne n’est pas une lumière pour les yeux.
Les veilleurs
Celui que le feu reconnaît
Une fois par génération, un peuple produit un diwaller. Il porte la Lecture, la perception directe des lignes du monde. Seul un veilleur que le feu reconnaît peut rallumer un Tour-Tan — et cela se paie de la vue.
Les sept peuples
Du nord-ouest aux terres d’outre-mer
Sept terres, sept feux. Ouvrez une fiche : la terre, les gens, la langue.
Nord-ouest · côte Arvorig Lande, falaises, brume basse Tour-TanToull-Doun Capitaleaucune
- La terre
- Une côte de granit noir découpée en criques et en récifs, trois baies profondes au sud ; à l’intérieur, une lande de tourbières, de chênes tordus et de mégalithes. Vents du large, nuages bas, brouillard chaque matin, marées fortes.
- Les gens
- Des clans indépendants, sans roi : le rang s’acquiert à la mer. On vit de la pêche et du cabotage, et les gwerz, chants marins, portent les généalogies et les routes.
- La langue
- L’arvorig. Enez-Avel, « l’île du Vent » ; Roc’h Du, « la roche noire ».
Nord · delta Hégémonie d’Aureum Contre-jour d’arène, poussière dorée Tour-TanTestimonium Mentis CapitaleAureum Prima
- La terre
- Un ovale continental que l’Aurius traverse du nord au sud jusqu’à un large delta, où se tient la capitale. Chaud et sec ; au nord-ouest, la chaîne du Roc’h Du ferme la route de l’Arvorig.
- Les gens
- Un Imperator gouverne seul, le Sénat ne rend que des avis, le droit est codifié. L’arène rythme la capitale, et la société repose sur l’esclavage.
- La langue
- L’aurean, langue de l’administration, de l’armée et du commerce.
Sud-ouest · désert Califat d’Izar Géométrie, ciel étoilé, dômes Tour-TanAl-Qamar CapitaleMadinat al-Anwar
- La terre
- Une bande allongée d’est en ouest entre deux mers, désertique aux deux tiers ; le Nar-Izar, fleuve unique, irrigue la vallée où vit presque tout le pays. Le ciel nocturne y est le plus dégagé du monde.
- Les gens
- Un calife, un grand vizir, un Conseil de Savants. Le rang se gagne au mérite, jamais à l’héritage, et l’on se présente par sa discipline avant son nom.
- La langue
- L’izari. Madinat al-Anwar se lit « la cité des lumières ».
Sud-est · savane Empire de Kumena Tambours, terre rouge, poussière Tour-TanDonkili CapitaleKumena-Ba
- La terre
- Une savane dorée à arbres rares, des forêts denses au sud, des falaises de grès au nord-est où l’on creuse les habitations. Chaud toute l’année, une saison sèche marquée ; la poussière se dépose partout.
- Les gens
- Un empire oral. Le Mansa hérite du pouvoir, mais un Mansa que les griots refusent de chanter cesse d’être roi. La parole donnée vaut contrat ; l’écrit n’a aucune valeur.
- La langue
- Une langue de la parole vivante et du chant. Donkili signifie « le chant ».
Sud · deux fleuves Empire de Cāng Soie, brume de montagne, silences Tour-TanJī-Yán CapitaleBì-Yá
- La terre
- La plus étendue des sept. Deux fleuves y confluent, une chaîne la ferme au nord par un seul passage, et les plaines centrales portent des rizières en terrasses. La neige ne tient que sur les hauts massifs.
- Les gens
- Un trône unique, des provinces, de grandes routes dont la Voie du Fer. Soie, jade et thé ; leur code est le Lǐ, où la parole est une arme et le silence une réponse.
- La langue
- Le cāngren, dont les toponymes gardent leurs tons.
Extrême sud-est · archipel Shogunat d’Akatori Cerisier en contre-brume, épure Tour-TanKagerō CapitaleTsuru-no-Miya
- La terre
- Cinq îles volcaniques à trois semaines de voile de Cāng, sans aucun pont terrestre ; trois sont habitées. Typhons et volcans imposent de bâtir démontable : la permanence est dans la forme, pas dans le matériau.
- Les gens
- Un shogunat fermé aux étrangers depuis trois siècles ; un seul port les tolère. Un Code de sept vertus que chaque clan interprète à sa façon, et le silence pour acte social.
- La langue
- Akatori se traduit par « faucon rouge ».
Outre-mer · huit semaines de voile Ixchalan Canopée, lumière filtrée Tour-TanNahui Ollin CapitaleAtl-Ixchalan
- La terre
- Un continent de l’autre côté de la Mor Bras, à huit semaines de mer. Deux chaînes volcaniques encadrent une vallée fertile : jungles, lacs au creux des cratères, pierre blanche des cités.
- Les gens
- Un Tlatoani élu par un conseil de nobles-guerriers ; une société de guerriers-prêtres. Jardins flottants, jade et obsidienne. Au combat, la capture vaut mieux que la mort.
- La langue
- L’ixchali, dont la racine ixchal, « lumière solaire », donne son nom à l’empire.
Les repères
Sept feux, quatre mers
Un seul continent, du nord au sud, encadré de deux isolats. La carte, confiée à un cartographe, paraîtra gravée à la main ; en attendant, les repères. Le Tome I se joue entièrement dans la moitié nord.
Les sept feux
Toull-Doun
Tour-Tan d’Arvorig
Le feu du bout des terres. Il ne se dresse pas : il est submergé, posé sur un récif au pied de la falaise de Beg ar Groac’h. C’est le premier que la brume a atteint.
Testimonium Mentis
Tour-Tan de l’Hégémonie d’Aureum
Il se tient dans la capitale, sous ce que l’empire a bâti par-dessus. Sa pierre est plus ancienne que tout ce qu’Aureum a posé dessus.
Al-Qamar
Tour-Tan du Califat d’Izar
« La lune », en izari. Le Califat est la civilisation du savoir : un lettré d’Izar lit un mur comme on lit un livre. Son feu porte le nom de ce qui éclaire sans brûler.
Donkili
Tour-Tan de l’Empire de Kumena
« Le chant », en kumendu. Kumena garde ce qu’elle sait dans ce qu’elle chante : les généalogies, les routes, les dettes. Un peuple de terre rouge, de fromagers et de tambours.
Jī-Yán
Tour-Tan de l’Empire de Cāng
Au confluent des deux fleuves, dans les falaises, à l’écart de la capitale. Le plus vaste empire du monde connu, et celui qui parle le moins de ce qu’il possède.
Kagerō
Tour-Tan du Shogunat d’Akatori
Au sommet d’un volcan sacré, sur l’une des cinq îles, au bout de la dernière mer nommée. Bambous, cèdres, volcans actifs. Personne, en Arvorig, ne sait qu’elles existent.
Nahui Ollin
Tour-Tan d’Ixchalan
Huit semaines de haute mer séparent Ixchalan du reste du monde. Assez pour qu’on l’oublie, assez pour qu’il oublie les autres.
Les quatre mers
Mor Bras
Le Grand Océan · ouest
L’océan de l’ouest. Il baigne la côte ouest et la côte sud d’Arvorig, ce qui rend possible le cabotage du Tome I : on remonte vers le nord avec la terre à tribord. C’est aussi de là que vient la brume.
Mor Tomm
La Mer Chaude · golfe intérieur
Une mer intérieure entre l’Hégémonie et le Califat, fermée à l’est par un isthme étroit. Ce goulot est la route du sel, et le seul lien terrestre entre le nord et le sud de ce côté du monde.
Mor Divent
La Mer du Bout · est
À l’extrême est, entre le continent et l’archipel d’Akatori. Au-delà, les cartes s’arrêtent.
Mor Tevel
L’océan du sud
L’océan ouvert au sud de Cāng, là où le grand fleuve se jette. Il descend vers ce que personne n’a nommé.
Les lieux du Tome I
Ce que le récit traverse
Tout le Tome I tient entre une pointe du nord-ouest et une capitale au bord du golfe. À l’échelle de cette carte, ces lieux sont des têtes d’épingle : ils sont donc en liste, et non sur la carte.
Enez-Avel
Arvorig · la presqu’île du Vent
Une presqu’île habitée : un hameau de pêcheurs, une chapelle, une crique au nord. Un goulet rocheux la relie à la terre — un seul passage, et il est gardé.
Beg ar Groac’h
Arvorig · la Pointe de la Sorcière
L’extrémité d’Enez-Avel, pas un autre lieu. Falaise de granit noir : c’est elle qui surplombe le Toull-Doun. Au large, rien que de la mer ouverte.
Karreg-Veur
Arvorig · la Grande Roche
Port de pêche de la frontière sud-est. C’est par là qu’on arrive d’Aureum quand on vient par la mer : six jours de cabotage, puis six jours à cheval jusqu’à la pointe.
Kerangoff
Arvorig · côte sud-ouest
Le village du forgeron. La brume l’a pris avant le début du récit. Pas brûlé : effacé.
Kreñv-Dour
Arvorig · l’Eau Forte
À la frontière nord-est. Silencieux lui aussi. Dix jours de marche le séparent d’Enez-Avel.
Roc’h Du
Frontière · la Roche Noire
La chaîne qui ferme l’Arvorig au sud. Granit nu, arêtes dures, aucune neige. Un col pavé la traverse.
Aureum Prima
Aureum · la capitale impériale
Sur le delta de l’Aurius, au bord de la Mor Tomm. Cinq semaines de marche la séparent de Beg ar Groac’h. Quatre au retour.
Portus Ferrum
Aureum · le grand port de l’ouest
Le port militaire de la façade ouest, à dix jours de la capitale, trois à pied et sept à cheval. C’est de là qu’on embarque pour l’Arvorig.

Le cabotage du Tome I
De la capitale hégémonique vers le bout du monde
Une voie maritime et une voie terrestre, de l’Hégémonie à l’extrême ouest du monde connu. Les durées sont celles des fiches ; la carte gravée les remplacera par un tracé, en février 2027.
Voie maritimevingt-deux jours
Voie terrestrecinq semaines à pied, quatre au retour
Lexique
Les mots qu’on ne traduit pas
Les termes arvorig sont empruntés ou dérivés du breton contemporain. Dans le roman, ils ne sont jamais en italique : ce sont des mots du monde, pas des emprunts.
Tour-Tan
arvorig · tour « tour » + tan « feu »
Les sept feux sacrés du monde, un par civilisation. Ensemble, ils tenaient la Morc’hwez en lisière des terres ; aucun ne ressemble à un autre.
Morc’hwez
arvorig · mor « mer » + c’hwez « souffle »
Brume qui prend la terre et les vivants qu’elle rencontre, en trois phases : le brouillard, la dissolution, l’obscur. Les Tour-Tan sont le seul rempart connu.
Diwaller
arvorig · « gardien, protecteur »
Nom donné en Arvorig au veilleur qu’un Tour-Tan a reconnu. Pluriel : diwallerien.
La Lecture
français · longtemps, le don n’a pas de nom du tout
Don des veilleurs : la perception directe des lignes du monde et de l’état des feux. Elle ne se contrôle pas, elle s’apprivoise, et se manifeste d’abord par des absences.
Le Souffle
français · ce que presque tous ressentent, sans savoir
Présence instinctive de la clarté, répandue chez les Arvoriz. Elle ne se commande pas ; elle aide seulement à tenir un peu plus longtemps quand la brume passe.
Sklêrijenn
arvorig · « clarté, lumière »
Force cosmique lumineuse — pas le Bien, la clarté du monde. Les veilleurs la canalisent sans jamais en être les maîtres.
Toull-Doun
arvorig · toull « trou » + doun « profond »
Le Tour-Tan d’Arvorig, submergé sur un récif au pied de la falaise de Beg ar Groac’h. Le premier des sept que la brume ait atteint.
Kalon-Tan
arvorig · kalon « cœur » + tan « feu »
Le cœur vivant d’un Tour-Tan : ce qui reconnaît, ou ne reconnaît pas, celui qui vient jusqu’à lui.
Dourganez
arvorig · « êtres des eaux, les noyés »
Ce que deviennent ceux que la brume a gardés. Ils marchent, ils cherchent, ils répètent des gestes dont le sens est parti. Pas des monstres : des gens qui ne se souviennent plus d’avoir été des gens.
Arvorig
arvorig · ar « devant » + mor « mer »
« Le pays devant la mer. » La côte à l’extrême ouest du monde connu, et sa langue. Le peuple : les Arvoriz.
Gwerz
arvorig · « chant narratif, complainte »
Chant transmis de bouche à oreille. Les gwerz portent les généalogies, les routes, les naufrages et les villages effacés.
Mor Bras
arvorig · mor « mer » + bras « grand »
La grande mer de l’ouest, celle qui borde l’Arvorig et par laquelle vient la brume. Personne, en Arvorig, n’en connaît l’autre rive.
Mab. Tan. Gwir.
arvorig · « fils. feu. vérité. »
Trois mots qu’en Arvorig un père transmet à son fils. Ce qu’on est. Ce qu’on porte. Comment on le porte. Riwallon les répète depuis l’enfance sans en connaître le sens.
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