Les Tour-Tan
Sept feux sacrés, un par civilisation, qui formaient la trame tenant la brume en lisière des terres. Affaiblis depuis des générations. Seul un veilleur que le feu reconnaît peut en rallumer un.
Tour « tour » + tan « feu »Elle ne touche pas les corps. Elle prend les noms, puis les souvenirs, puis la pensée — et ne laisse derrière elle que des êtres qui ne savent plus pourquoi ils respirent.
L’Arvorig, c’est l’ouest. Après, il n’y a plus que la mer. Du granit, des bateaux, des villages qui regardent le large. On y parle une vieille langue et on y chante beaucoup. Le temps s’y compte en marées, pas en heures.
La brume vient de là, de l’ouest. Sept feux ont été bâtis contre elle, un par civilisation : les Tour-Tan. Il en reste des braises, et des gens qui ne savent plus à quoi ils servaient.
Sept feux sacrés, un par civilisation, qui formaient la trame tenant la brume en lisière des terres. Affaiblis depuis des générations. Seul un veilleur que le feu reconnaît peut en rallumer un.
Tour « tour » + tan « feu »La brume littorale qui prend la terre et les vivants. Elle n’a pas de front de bataille : elle infiltre, elle ronge, elle dissout. Les noms s’effacent avant les corps.
Mor « mer » + c’hwez « souffle »Une fois par génération, un peuple produit un diwaller — celui que le feu reconnaît. Il porte la Lecture : la perception directe des lignes du monde. Un don qui ne se commande pas. Il se donne.
Diwaller « gardien, protecteur »Les termes arvorig sont empruntés ou dérivés du breton contemporain. Dans le roman, ils ne sont jamais en italique — ce sont des mots du monde, pas des emprunts.
Tour-Tan
arvorig · tour « tour » + tan « feu »
Les sept feux sacrés du monde, un par civilisation. Ensemble, ils formaient la trame qui tenait la Morc’hwez en lisière des terres. Aucun ne ressemble à un autre : chaque peuple a bâti le sien à sa mesure.
Morc’hwez
arvorig · mor « mer » + c’hwez « souffle »
Brume littorale qui prend la terre et les vivants qu’elle rencontre. Trois phases : le brouillard, la dissolution, l’obscur. Les Tour-Tan sont le seul rempart connu contre son avance.
Diwaller
arvorig · « gardien, protecteur »
Nom donné en Arvorig au veilleur qu’un Tour-Tan a reconnu. Celui qui protège le feu sacré, reconnu par le feu lui-même. Pluriel : diwallerien.
La Lecture
français · longtemps, le don n’a pas de nom du tout
Don des veilleurs. Perception directe des lignes d’énergie du monde et de l’état des feux. Ne se contrôle pas : s’apprivoise. Elle se manifeste d’abord par des absences — quelques secondes où le monde entre trop fort.
Le Souffle
français · ce que presque tous ressentent, sans savoir
Présence instinctive de la clarté, répandue chez les Arvoriz. Elle ne se commande pas et ne sert à rien qu’on puisse nommer — sinon à tenir un peu plus longtemps quand la brume passe.
Sklêrijenn
arvorig · « clarté, lumière »
Force cosmique lumineuse — pas le Bien, la clarté du monde. La lumière des Tour-Tan et son principe plus vaste. Les veilleurs la canalisent sans jamais en être les maîtres.
Toull-Doun
arvorig · toull « trou » + doun « profond »
Le Tour-Tan d’Arvorig. Il ne se dresse pas : il est submergé, posé sur un récif au pied de la falaise, et seule la marée basse en découvre l’accès. Le premier des sept que la brume ait atteint.
Kalon-Tan
arvorig · kalon « cœur » + tan « feu »
Le cœur vivant d’un Tour-Tan. Ce n’est pas un foyer qu’on entretient : c’est la chose qui reconnaît, ou ne reconnaît pas, celui qui vient jusqu’à elle.
Dourganez
arvorig · « êtres des eaux, les noyés »
Ce que deviennent ceux que la brume a gardés. Ils marchent, ils cherchent, ils répètent des gestes dont le sens est parti. Ce ne sont pas des monstres : ce sont des gens qui ne se souviennent plus d’avoir été des gens.
Arvorig
arvorig · ar « devant » + mor « mer »
« Le pays devant la mer. » Région côtière à l’extrême ouest du monde connu, et sa langue ancienne. Culture maritime et orale, sans roi : le rang s’acquiert sur l’eau. Le peuple : les Arvoriz.
Gwerz
arvorig · « chant narratif, complainte »
Chant transmis de bouche à oreille, de génération en génération. Les gwerz portent les généalogies, les routes, les naufrages et les villages effacés. Perdre ses gwerz, c’est perdre son identité.
Mor Bras
arvorig · mor « mer » + bras « grand »
La grande mer de l’ouest, celle qui borde l’Arvorig et par laquelle vient la brume. Personne n’en connaît l’autre rive — et ceux qui ont essayé n’ont pas donné signe.
Mab. Tan. Gwir.
arvorig · « fils. feu. vérité. »
Trois mots qu’en Arvorig un père transmet à son fils. Ce qu’on est. Ce qu’on porte. Comment on le porte. Riwallon les répète depuis l’enfance sans en connaître le sens.
Aucun terme ne répond à cette recherche. La brume a peut-être pris celui-là.